Dans une tentative de prise de contact avec Eric Dumonpierre sur les placements de parts du capital des laboratoires Berden à Londres, une fin de non recevoir nous a été transmise. Dans sa lettre de refus, il précise que "Londres n'est pas un paradis fiscal mais un centre d'affaires pour la bonne gestion des laboratoires Berden".
Nous sommes sincérement désolés Monsieur Eric Dumonpierre, mais nous tenons à notre esprit de contradiction...
Londres est la première place financière du monde et se distingue par son caractère international.Ce qui caractérise Londres, et la City, véritable Etat dans l'Etat, c'est avant tout la structure de ses sociétés, véritable passeport à l'opacité. Contrairement aux pays latins se fondant sur un certain formalisme, la Grande Bretagne et ses dépendances sont régis par la common law, qui permet à la fois de créer très facilement une entreprise, avec peu d'obligations sociales, et surtout une grande opacité de fonctionnement : ainsi les « trusts » permettent de garantir l'anonymat des ayants droits économiques, et sont parfois des sociétés écrans, des coquilles vides permettant de blanchir des capitaux (exemple l'ARC qui avait 2000 sociétés écrans à l'Ile de Man). Par ailleurs la coopération est extrêmement compliquée : un magistrat raconte ainsi que pour faire une enquête il devait interroger la police britannique, qui interrogeait la police de la City (elle possède une police propre), qui devait interroger un avocat, qui interrogeait un banquier! Gibraltar ne répond jamais aux commissions rogatoires internationales, et la coopération des autres est faible (Man, Jersey, Guernesey...). Comme le Liechtenstein, la Grande Bretagne oblige les demandeurs d'une entraide judiciaire à avoir des preuves d'un fait délictueux afin de fournir des preuves de celui-ci...au mépris de la Convention de 1959, qu'elle a signée.
Le dispositif de lutte anti-blanchiment est aussi réduit : absence de moyens financiers et humains, faiblesse des poursuites et des condamnations, il se fonde surtout sur l'auto-régulation...
Par ailleurs ces Etats se caractérisent par le rôle des « ouvreurs de porte », à savoir le rôle de professionnels du droit qui profitent de leurs connaissances, des insuffisances législatives, et de leur caution pour introduire leurs clients vers les paradis fiscaux et le blanchiment de capitaux. Hors ces professions sont peu réglementées en Grande Bretagne.
De plus la Grande Bretagne n'a pas non plus de fichier FICOBA, et fonde le secret bancaire sur l'habeas corpus et l'exercice de la liberté individuelle.
Même situation dans les territoires d'outre-mer : Iles Caïmans, Iles Vierges, Bermudes, Turks et Cairos, Anguilla, Montserrat.

Cependant il y a eu une évolution depuis quelques années, notamment avec l'arrivée de Blair en Grande Bretagne. Cependant de peur d'effrayer les grosses fortunes, pas de révolution. Gibraltar a elle tout de même radié 20 000 sociétés fictives.
Pour résumer, les paradis fiscaux de la Couronne britannique se caractérisent par un droit des sociétés favorisant l'opacité et les sociétés écrans, une coopération judiciaire faible, et un dispositif interne de lutte contre le blanchiment réduit.

Je serai prêt à parier que non seulement Dumonpierre profite fortement des paradis fiscaux pour les laboratoires Berden, mais qu'en plus, il y a ouvert des comptes pour payer moins d'impôts.
RépondreSupprimerSavez-vous si d'autres filiales des laboratoires Berden sont enregistrées dans d'autres paradis fiscaux? Et combien cela peut rapporter à se vautour de Dumonpierre?
RépondreSupprimerLondres n'est pas un paradis fiscal !!
RépondreSupprimerC'est comme si on disait qu'Eric Dumonpierre est un super manager (oups, ça a été dit) ou que les laboratoires Berden travaillent pour notre santé à tous... c'est absurde !